13 conseils de Numéro Treize

Tout d’abord je tiens à préciser que je ne me considère pas comme un grand peintre. Ni même comme un bon peintre. De loin pas. J’espère progresser et peut être arriver un jour à un stade où on dira ça de moi. Je peins depuis une poignée d’années seulement, 99% de mes figurines sont peintes pour être jouées relativement rapidement et donc je m’ arrête à un niveau dit « tabletop » voir un poil au dessus quand je suis motivé.

Mon but içi est surtout de condenser ce que j’ai appris en consacrant une grande partie de mon temps libre à la peinture ces 2 dernières années pour en faire bénéficier ceux qui sont encore plus novices que moi. Je fais partie d’un club de jeu qui possède un local dans lequel on se retrouve régulièrement à peindre entre amis, et il se trouve que plusieurs parmi nous sont justement dans ce cas : plus débutants que moi. J’ai pris et je prends toujours un grand plaisir à partager et leur montrer ce que je connais. J’ai commencé par faire des petits tutos rien que pour eux. Ce n’est que récemment que je me suis dit que si j’avais pu aider quelques potes à progresser autour de moi, je pourrais peut être rendre service à d’autres via le net. Donc comme premier article pour l’Ogre du Galetas, voilà une boîte à outils de base, mes 13 conseils à ceux qui débutent, qui n’ont que quelques poignées de figurines à leur actif. Il est facile de se décourager au début, tant le B-A-BA peut sembler obscure et dur à maîtriser. Je ne me suis pas attardé sur les techniques de bases, tels que brossage à sec et lavis, le net regorge d’explicatifs détaillés (mais je peux m’ y coller si demande). Ces conseils sont personnels et peuvent ne pas convenir à tout le monde, ou vous avez peut être déjà des habitudes qui vous conviennent, dans ce cas n’en changez surtout pas !

1. Être patient

La peinture de figurine est un hobby qui prend du temps, et même s’il est possible de gagner beaucoup de temps avec certaines techniques, Il ne faut pas bâcler voire sauter certaines étapes, elles ont toutes leur importance. La figurine c’est une histoire de détails, et certains détails suffisent à gâcher des heures de travail. Parfois il faut être fort et résister à la tentation de « je fais encore vite ça avant d’y aller ». Ne pas bien laisser sécher une sous-couche ou un lavis avant de passer à la couche suivante peut ruiner une figurine. Un bon moyen de lutter contre cet effet, en tout cas pour moi, c’est de toujours avoir plusieurs projets en cours. Par exemple actuellement j’ai 35 points de Skorne à peine peints en attente, 5 figurines Infinity, 10 paras pour Bolt Action, une poignée de figurines pour des personnages de jeu de rôle et un petit diorama, et j’alterne. Parfois je ne met qu’une couleur sur un groupe de figurines et je passe à autre chose, suivant la motivation, ou alors si je dois attendre que quelque chose sèche, je prends un des personnage de jdr et je l’avance un peu.

2. Bien préparer les figurines

Je suis le premier à l’admettre, la préparation de la figurine, c’est chiant. Mais c’est un mal absolument nécessaire. Il faut couper avec une pince ou un cutter pour décrocher la pièce de la grappe, et non l’arracher, sous peine de casser la pièce ou d’y faire de grosses marques.

Beaucoup de figurines ont une barre de matière qui leur relie les 2 pieds et est sensé se glisser dans le socle. Personnellement je ne les garde jamais, je la découpe directement sur toutes les figurines que je fais car j’aime travailler mes socles, et y poser ma figurine après, chose impossible avec cette grosse barre. Il faut juste faire attention à ne pas plier les jambes de la figurines en faisant cela.

Une fois les pièces débarrassées des grappes ou des canaux de coulées, il faut les ébarber consciencieusement avec un cutter, un ébarboir, une réglette métallique ou une lime-aiguille afin qu’il ne reste plus de marques de moulage visible. Je vois passer pas mal de figurines avec des grosses lignes (voir des restes d’attaches) d’autant plus visibles quand elle a été peinte en brossage et franchement, ça gâche tout.

Ensuite je conseille fortement de nettoyer les différentes pièces. Pour ça j’utilise une brosse à dent et de l’alcool de nettoyage qui va enlever les résidus de produits qui aident au moulage de la figurine, et qui peuvent poser problème pour le collage et la sous-couche.

Nettoyage à l’alcool des pièces de figurines en métal.

Si à l’assemblage il y a des trous entre les pièces, mastiquez-les avec de l’enduit prévu pour ou du Green Stuff (pâte à modeler 2 composants)

Après l’assemblage, si j’ai utilisé de l’accélérateur de durcissement de colle, je dégraisse à nouveau les figurines en les plongeant dans l’alcool. Attention à bien laisser sécher avant de passer à la suite.

3. Tiger

Lors du collage, si une pièce est difficile à faire tenir, si elle reste fragile même une fois collée, ou que je me doute qu’au moindre choc ça ne tiendra pas, je sors ma petite perceuse à main, mes forêts de 1mm et mes trombones pour tiger.

C’est aussi un passage obligé lorsque les pieds de la figurine n’offrent qu’une très petite surface pour être collés au socle. Un trou sous un pied, un autre sur le socle, un bout de trombone pour lier les 2, et votre figurine ne bougera plus !

C’est aussi valable pour peindre des pièces de figurines séparément, tel les boucliers qui sont gênants pour peindre la figurine si ils sont montés.

Le bouclier ainsi que la cape de ce fier guerrier ont été tigés sur des supports pour êtres peints plus facilement.

4. Utiliser un socle temporaire

A moins qu’il s’agisse de vos premières figurines, vous avez certainement des socles en plus, qu’importe leur forme ou dimension. Utilisez-les pour coller vos figurines dessus pendant la peinture. Comme elles seront décollées de ce socle pour aller sur le définitif à la fin, il vaut mieux les coller légèrement, par exemple sous un seul pied, de préférence pas celui qui est tigé. Ces socles seront réutilisables pour toutes vos prochaines créations, et le principal intérêt de cette méthode est de pouvoir travailler sur vos socles en parallèle de vos figurines. Parfois quand une unité prend du temps à être peinte je perds un peu la motivation et j’ai besoin de faire autre chose. Bricoler des socles est parfait pour me vider la tête dans ces cas-là. Ça permet aussi de faire quelque chose pour s’occuper lorsque l’on attend que nos lavis sèchent.

5. Utiliser un support

Trouvez des pots de peinture vide, des bouchons de champagne ou des bouts de bois sur lesquels vous fixez vos figurines avec de la gomme d’architecte ou de la patafix. Vous pourrez tenir agréablement votre figurine pour la peindre sans la toucher avec les doigts. C’est aussi très pratique lors du sous-couchage. Sans oublier que ça permet de mieux appuyer la main qui tient le pinceau sur la main qui tient le pot, pour une meilleure précision.

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Ces Nomads pour Infinity ont été nettoyés, montés, pour beaucoup tigés pour permettres à ces maigres bras de tenir en place, fixés à des socles de récup temporaires eux-même fixés à la gomme d’architecte sur des support permettant une bonne prise en main. Ils sont prêts pour la sous-couche.

Si vous avez, par exemple, 10 boucliers à peindre, tigez les tous sur des tiges assez longues (3-5 cm) et plantez ces tiges sur une barre en bois (2x2x40cm par exemple) à quelques cm d’intervalle. Vous pourrez tout peindre à la chaîne facilement. Ce sera un gain de temps et de confort incroyable.

6. Bien sous-coucher

Le but de la sous-couche est de servir de couleur de fond et de fixateur permettant aux peintures d’adhérer à la figurine.

Pour commencer, le choix de là sous couche. Il existe de nombreuses qualités de bombes de peinture acrylique, du premier prix que l’on trouve dans les grands magasins de bricolages, aux haute qualités destiné à l’art qui coûtent bien 3 fois le prix des premières, en passant par celles spécialement conçues pour là sous couche de modélisme et qui coûte généralement aussi chère que celles pour artistes. Il faudra impérativement de pas espérer faire des économies sur ces bombes, et vous diriger vers ces 2 dernières catégories, avec une préférence pour la dernière. Économisez sur cette étape et vous pouvez tout aussi bien tremper votre figurine dans un pot de peinture pour bâtiment. Il faut une peinture et une buse qui permet de faire un jet léger et sans gouttes. Le résultat doit impérativement avoir un rendu mat régulier.

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Une sous-couche avec un beau rendu.

Ensuite, la couleur. Certains préfèrent le blanc, qui permet d’avoir facilement des couleurs vives en une seule couche et ils vont principalement travailler sur l’ombrage. J’ai essayé, j’ ai pas aimé, et du coup je sous-couche presque tout en noir, pour plusieurs raisons :

– Je trouve plus facile de travailler en partant du foncé et en allant en éclaircissant sur le dessus et les endroits accessibles de la figurine.

– Toutes les parties sombre dans l’ombre, qu’on ne verra presque jamais et difficiles d’accès avec un pinceau comme sous les bras, sous la cape, sous des pans d’habits, entre des pièces d’armure, on n’y touche pas, elles restent noires, et ça va très bien comme ça (tant qu’on vise pas de la figurine de concours et qu’on est pas trop maniaque).

– Si dans un recoin ou un petit trou, la peinture n’a pas bien pénétré, on n’a qu’une petite tache de noir dans un creux, rien de grave. Alors que si cette même tâche était blanche, elle sauterait aux yeux (Oui c’est un peu un argumentaire de flemmard minimaliste, mais il faut savoir ne pas être trop psychorigide si on veut pas prendre 20 plombes pour la moindre unité à faire des détails invisibles).

Et pour finir, l’application. Arrêtez de disposer 20 figurines sur un carton et de bomber le tout a 30cm en faisant de grands aller et retour en gaspillant plus de peinture (chère) sur le carton que sur des figurines qui devront de toute façon être retouchées séparément car des parties ne sont pas couvertes. Comme expliqué plus haut un des buts de la sous-couche (noire) est de servir de fond sombre, et de faire une bonne partie de vos ombres, du coup il est impératif que tous les moindres recoins, soient bien recouverts, tout en prenant garde à ne pas noyer la figurine sous la peinture.

Je procède comme cela : d’une main gantée je tiens le support de ma figurine devant moi, à hauteur d’œil pour bien voir ce que je fais à l’horizontale. De l’autre main je tiens la bombe entre 15 et 20cm de la figurine, et je spray par petits jets courts, de moins de moins d’une seconde en un mouvement de gauche à droite. Je commence en tenant ma figurine penchée pour que les premiers jets viennent d’en bas puis à chaque jet je la pivote pour finir par un jet qui vient du haut. Puis je la tourne d’ un quart de tour et je recommence. Tout le long je vois ce que je fais et où il faut insister.

Bomber de trop loin risque de sécher la peinture avant qu’elle atteigne la figurine pour faire un effet structuré « moisissure » et de trop près ça risque de faire des goutes à la surface et noyer la figurine. Il vaut mieux faire un essai avant chaque utilisation, et je passe sur la nécessité de bien secouer la bombe.

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Ce guerrier est sous-couché, mais comme on peut le voir, dans tout ce noir il est difficile de distinguer les détails, c’est pour ça qu’il mérite un bon pré-éclaircissement.

7. Pré-éclaircir

J’ai dit plus haut ne pas bomber mes figurines en blanc, c’est à moitié vrais. Une fois ma sous-couche noire sèche, je me munis d’une bombe de blanc et je passe une couche très légère, (si légère qu’elle en est encore grise) depuis le haut de la figurine. Premièrement ça fait ressortir tous les détails qui sont parfois durs à voir quand la figurine est monochrome. Ensuite cela me montre exactement où se trouvent les ombres et les zones les plus illuminées. Cela permet aussi aux couleurs peu couvrantes comme le jaune ou le rouge mieux ressortir, en moins de couche, comme si j’avais sous-couché en blanc, et enfin on peut gagner un temps fou en n’appliquant qu’une seule couche de peinture très diluée qui par transparence aura déjà des ombres et des zones claires.

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Les volumes et détails de ce guerrier sont désormais bien marqués et contrastés grâce au pré-éclaircissement.

Une variante bien pratique est d’utiliser, au lieu du blanc, la couleur principale de la figurine (métallique pour des figurines très armurées ou des robots, kaki pour des militaires, vert pour des orques avec beaucoup de peau apparente) et on n’auras plus qu’à appliquer un lavis ou un léger brossage (voir les 2) pour terminer une grosse partie de la figurine.

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Le vert de ce Space Marine Salamander a été obtenu à la bombe verte par un pré-éclaircissement assez conséquent sur une base noire, sans retouches ultérieures.

Si vous disposez d’un aérographe, c’est encore mieux pour cette technique.

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Le même principe appliqué avec un aérographe.

8. Utiliser une palette (humide)

A part pour un brossage à sec, la peinture n’est généralement pas utilisable avec un bon rendu directement depuis le pot. Il faudra presque toujours la diluer avec une petite goutte d’eau. Autre problème, les pinceaux n’apprécient pas du tout d’être trempés profondément dans la peinture, ça les endommage rapidement. Si vous utilisez des peintures en pots « goute à goute » comme les Valejo ou Army painter, ce problème ne se pose pas.

La technique que j’utilise consiste à utiliser un « gros » pinceau usé pour prendre une goutte de peinture dans le pot et le déposer sur la palette puis y rajouter la quantité nécessaire d’eau et éventuellement d’une autre peinture si je fais un mélange. Une fois ce pinceau nettoyé, je prends mon beau pinceau précis, et je prends juste la quantité utile de peinture, pas plus du quart, voir le tiers de la longueur des poils. S’il y a de la peinture à la base des poils, elle y sèche et écarte les poils et votre pinceau ressemble plus à un plumeau.

Nettoyer très régulièrement le pinceau aide aussi à éviter que de la peinture y sèche et prolonge sa durée de vie. Au passage, un pinceau pour des détails n’a pas forcément besoin d’être très petit, mais il doit avoir un bout qui reste très pointu. D’où l’intérêt d’être soigneux. J’ai peu à peu pris le toc (parfois surprenant et désagréable) de régulièrement lécher les poils de mon pinceau pour lui redonner une belle forme pointue.

Pour optimiser encore votre qualité et votre « confort », une palette humide est un must. Il existe pleins de tutos sur comment faire des palettes humides pour 3 fois rien (wet palette en anglais) mais en gros cela permet à votre peinture de rester au même niveau d’humidité pendant des heures voir des jours (certains vont jusqu’à la mettre au frigo entre 2 séance de peinture) et vous évite de gaspiller de la peinture qui sèche sur votre bout de carton alors que vous n’en avez pas utilisé la moitié sans oublier le plus important, elle a toujours la même texture d’un bout à l’autre de votre figurine, ou de votre unité.

9. Choix des couleurs

Il existe de nombreuses explications sur le net et les livres d’art à propos des couleurs, ce qu’elles sont et comment elles se mélangent. Savoir toute cette théorie est intéressant mais pas absolument nécessaire. Certains ont un bagage artistique, l’habitude ou simplement un œil qui leur permet de déceler les fausses notes esthétiques. Mais comme on a pas tous cette chance, quelques outils sont bien pratiques.

Le cercle chromatique. Une façon très académique d’aborder le choix des couleurs mais qui a le mérite d’être fiable. Faites quelques recherches sur le cercle chromatique et son utilisation, ne serait-ce que pour votre culture.

Sur la figurine, il faudra choisir un (ou plusieurs) point qui sera le centre de la figurine, le point d’attention sur lequel le regard se focalisera. Cela peut être son visage, ou même ses yeux brillant d’ un éclat magique, ou alors une arme énergétique, une flamme, ou un flux de magie dans ses mains. Il faut prendre garde à ce que cette source d’attention soit très contrastée par rapport au ton général de la figurine. Évitez de donner à un vieux robot rouillé ,et donc pleins de de brun, de rouge et d’orange ou d’ autres couleurs chaudes, des voyants lumineux rouges ou oranges, choisissez plutôt un vert clair ou un bleu, des couleurs froides. De même qu’une figurine tenant une torche avec une grosse flamme, gagnera à ne pas avoir des habits rouges oranges et jaunes. Après ce conseil n’est pas absolu et peut très bien être évité par exemple si vous projetez de faire une créature magique basée sur la glace, vous pouvez très bien la peindre complètement dans des tons de bleu clair et de blanc tout comme la boule d’ énergie qui se forme dans ses mains.

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Malgré les couleurs vives de la figurine, le regard est attiré par le halo magique de l’œil.

La couleur qui fait le lien et donne une uniformité entre les figurines d’une armée ou d’une unité n’a pas forcement a être la couleur la plus présente sur une unité. Un groupe de guerriers pourrait très bien être un assemblage de couleurs ternes tel que du brun, du gris, du noir, et avoir comme couleur de ralliement bien plus voyante sur un simple foulard, un symbole, une ceinture, une cape ou un brassard. C’est particulièrement vrai pour un groupe de mercenaires, de pirates qui peuvent être différemment équipés, avec des couleurs variées (mais en faisant attention à ce qu’elles ne soient pas trop criardes) mais portant tous un objet d’une même couleur bien plus vive qui les lies en unité voir en armée. Le socle peut aussi avoir ce rôle de « liaison » mais je traiterais de ça plus loin.

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L’unité visuelle de ce groupe de Cephalyx pour Warmachine se fait via les halo magiques roses et les pièces de tissus turquoises sensés rappeler le matériel des salles d’opération.

En écho aux 2 paragraphes précédents, je tiens à souligner l’ importance de quelques détails vif et tranchant avec le ton général de la figurine. Une figurine de rôdeur toute de cuir vêtue, et donc peinte toute en divers tons de bruns, sera fade. Y y ajouter une ou 2 breloques couleur doré par exemple sur une boucle de ceinture ou la garde d’une dague, peindre une gemme en rouge ou en vert sur le pommeau d’une arme ou un pendentif, ou encore un ruban rouge accroché à son arc, et soudain elle prends vie.

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Les lentilles bleues des lunettes de protection de ce nain sont un détail qui donne de la “vie” à cette figurine dans l’ensemble assez terne.

Enfin, internet est une magnifique source d’inspiration, tapez le nom de la figurine ou de la faction que vous voulez peindre dans google image, et inspirez-vous. Créez-vous un book, ou au moins un dossier remplis d’images, que se soit de décors, de figurines peintes, d’illustration, de photos d’armures, d’armes ou de véhicules existants ou ayant existé, venant de films ou de bd, des photos de ruines ou d’ usines désaffectées , de machines rouillées pour vous servir de référence et d’inspiration. A quoi ressemble réellement la rouille, où se propage t’ elle, ou est ce que la boue se dépose sur une cape, comment éclabousse le sang, tout ca ne sort pas forcément de votre tête de façon innée, en tout cas ce n’est pas mon cas, et j’ai régulièrement recours à des photos.

10. Commencer par le salissant et le fond

Presque tous les tutos sur la peinture que j’ai vu conseillent de commencer par ce qui est le plus « profond » sur la figurine : la peau, les vêtements, l’armure puis les objets. Il est ainsi plus facile de ne pas salir les parties déjà peintes pour accéder à celles en profondeur. C’est très vrais. Sauf peut être dans certains cas où j’aurais tendance à commencer non pas par la couche la plus basse, mais plutôt par ce qui est le plus salissant, c’est une zone importante. Je m explique : dans le cas d’une figurine comportant de nombreuses (une grosse partie de la figurine) pièces d’armure métallique, et que vous souhaitez peindre cette armure par un brossage à sec, faites le avant tout le reste. Vous pourrez donc faire un gros brossage avec un gros pinceau sans vous soucier du reste de la figurine. Vous aurez traité une partie importante de la figurine en un rien de temps. Et si par malheur plus tard vous mettiez un peu de peinture couleur peau sur le bord de votre armure, rien de plus simple que retoucher l’armure par la suite. Dans le cas ou plusieurs surfaces nécessitent de gros brossage, alors là effectivement appliquez la règle qui consiste à peindre d’abord les zones de fond. En effet il est plus simple de brosser la seconde zone si elle est plus « haute » que la première, il y a moins de chance de la toucher.

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Sachant que je ne peindrais pas la peau par brossage, j’ai décidé de peindre les parties métalliques de cette Monstruosité Cephalyx en premier, sans me soucier de salir les parties adjacentes en brossant, ce qui m’a donc pris que quelques minutes.

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Dans le cas de ce guerrier j’ai commencé par peindre l’intérieur des ouvertures (crevées selon le terme exacte) des habits…

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…puis je me suis attaqué à l’extérieur des habits puis j’ai commencé l’armure.

11. Savoir accepter les imperfections

Comme dit dans l’introduction de cet article, il s’adresse avant tout, aux débutants, qui souhaitent peindre des figurines pour jouer, et non des pièces d’exposition ou de concours. Le but est donc d’avoir des figurines belles une fois posées sur la table de jeu, regardées depuis une certaine distance et de ne pas passer des plombes pour arriver à ce résultat, votre but étant de peindre pour pouvoir jouer et que ça ajoute un plus aux parties. (Même si avec le temps on risque de se prendre parfois à considérer le jeu comme une excuse pour peindre…) Et puisqu’on parle du temps, il y a bien des façons de ne pas en perdre inutilement, à commencer par ne pas peindre des choses qui ne se voient pas. Alors je sais, c’est facile à dire pour moi qui suis plutôt « je-m’en-foutiste » et bordélique, et ça demandera un peu de souplesse aux peintres ayant un tempérament plus rigide.

Les petits recoins sombres sous les bras, entre les jambes, sous des pans d’ habits, sous les capes, sous/entre 2 plaques d’armures, les yeux enfoncés sous un casque ou un chapeau, ne vous emmerdez pas, ces parties sont très certainement censées se trouver dans l’ombre, votre figurine est sous couchée en noir et à une distance respectable on ne les vois pas. Une ceinture passe sur une cuirasse. Personnellement je ne vais peindre en brun que la face « avant », le grand coté de la ceinture, et je ne vais pas me soucier du fin rebord dessus et encore moins dessous. Ca va certes laisser une fine ligne noire de chaque coté de la ceinture mais elle a plusieurs avantages comme « marquer »la séparation de couleurs, un peu comme le trait noir entre 2 couleurs sur un dessins de BD. On ne risque pas de déraper sur l’armure et de devoir faire des retouches après. Comme c’est la sculpture qui marque la délimitation, et non notre talent à faire les lignes droites à la main, le contour de ce que l’on a peint est net, en peignant plus vite.

Un bon moyen de savoir ce qui est superflu comme détail, c’est de prendre une figurine à bout de bras (environ 40-50cm) et de la tenir de façon à la voir légèrement d’en dessus. Si ça vous convient depuis ce point de vue là, ce sera parfait pour le champ de bataille et probablement dans la vitrine. Au milieu des autres pièces de l’armée.

 

 

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De près ce guerrier terminé ne manque pas de défauts.

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Et pourtant dés qu’on prend un peu de recul, il convient parfaitement pour représenter un personnage lors d’une partie de jeu de rôle. Il ne gagnera pas de concours, mais il ne sert pas à ça.

12. Ne pas négliger les socles

Une figurine, ou toute une armée, bien peinte, mais avec des socles pas travaillés, simplement noir, ou avec juste un coup de peinture… Et bien à mes yeux, et de pas mal de monde si j’en crois des avis autour de moi, elle a pas l’air finie. Un peu de sable, un coup de bombe, 2 brossages, une touffe d’herbe et un coup de peinture sur le rebord, et voilà, toute la figurine est transformé, elle vient à la vie, elle est mise dans un contexte qui, si c’est bien choisi, met en valeur ses couleurs, raconte une histoire.

Une grande partie de mes figurines sont soclées très simplement avec un morceau de plaque de liège d’isolation de 3mm d’épaisseur, déchirée à la main, un peu écorné avec les ongles et collés sur le socle puis peint avec quelques brossages. On peut faire des sols rocheux de presque toutes les couleurs avec ce procédé, le matériel coûte presque rien et c’est vite fait.

Il faut juste faire un peu attention au choix de couleur principale du socle. Si la figurine est déjà très chargée en couleurs chaudes, et j’en reviens à mes robots rouillés brun rouge et oranges, il est préférable de choisir une couleur de socle plus froide, comme un gris roche. A l’ inverse, une figurine aux couleurs froides, avec une armure métallique grise et des lueurs de magie bleu électriques gagnera à se trouver sur un socle aux teintes plus chaudes. Comme de la terre brune/rougeâtre.

Mais attention toutefois à ce que le socle ne vole pas la vedette à la figurine. Si cette dernière est plutôt sobre, prenez garde à avoir un socle qui le soit aussi. Pour tout ces choix, il y a toujours des exceptions, tel un yeti blanc dans de la neige blanche sera quand même un bon choix tout comme un chasseur camouflé dans la végétation du socle. Dans l’ensemble vous pouvez appliquer tout ce que j’ai dit au point 9.

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3 épaisseurs de liège bombé en noir, brossé avec 3 bruns successifs, un bout de tuyau fait avec un morceau de grappe plastique, de la fausse eau Vallejo avec quelques pigments verts fluo.

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De la carte plastique texturée en carreaux et des pièces détachées d’horlogerie achetées au poids sur le net. (Si besoin je donne volontiers les liens pour trouver ce matériel.)

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Juste une épaisseur de liège brossé avec des bruns.

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De la peinture brun foncé mélangée avec du sable fin, vendue déjà prête par Games Workshop, brossée un ton plus clair, et avec une petite touffe d’ herbe aussi vendue par Games Workshop.

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Toujours le même liège mais cette fois brossé en gris roche et agrémenter de flocage “mousse”.

13. Intéresssez-vous, documentez-vous !

Je pense que 90% de ce que j’ai appris, de mes petits trucs pour m’améliorer et gagner du temps, je les ai appris en regardant des tutos sur le net. J’ai passé et je passe toujours un temps fou à écumer youtube et d’autres sites tel que tutofig à regarder des gens peindre, présenter des techniques, montrer comment ils utilisent ou détournent tel ou tel matériau ou outil, et essayer d’en tirer quelque chose. Pratiquer, essayer, faire des expériences, sortir de sa zone de confort en s’inspirant de ceux qui savent mieux faire, je pense que c’est la clé et rend ce hobby accessible à tous, quel que soit votre « talent artistique ».

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